Voici le résultat du match qui s’est joué hier dans les urnes à Neuchâtel. Il était question de reconnaissance des communautés religieuses, au pluriel mais c’était bien de l’islam dont on parlait.

Même si autorités et médias ont fait de leur mieux pour enfumer l’électeur, la population ne s’est pas fait avoir. Le quotidien Arcinfo, qui n’avait pas ménagé ses efforts en faveur du texte, en convient, la défiance l’a emporté. N’en déplaise au plumitif, la défiance n’a rien à faire ici, c’est simplement la prudence. La loi était fortement marquée du sceau socialiste, ce qui ne manquait pas d’inquiéter. On se souvient avec quelle fierté Micheline Calmy-Rey promenait Tariq Ramadan, promu au rang de bâtisseur de ponts entre l’Occident et l’islam. Le monde politique, les médias tombaient en pamoison à chacune de ses apparitions, on fustigeait ses adversaires. On cerne un peu mieux le personnage aujourd’hui mais rares sont les journalistes qui admettent avoir encensé un homme dont l’apparence ne correspondait pas au contenu. Nous n’avons pas oublié non plus que le Conseiller aux Etats socialiste Carlo Sommaruga avait reçu un homme condamné pour ses liens avec le terrorisme islamique au Palais fédéral. Lors de l’inauguration du Musée des civilisations de l’islam, le président socialiste de La Chaux-de-Fonds Théo Huguenin-Elie disait voir « une exposition dégagée de tout prosélytisme. »

Face à pareil aveuglement, la population neuchâteloise a estimé qu’il n’était pas raisonnable de confier le soin à son seul gouvernement de dire oui ou non aux divers courants religieux cohabitant avec les religions officielles. C’est sans doute l’élément qui a fait basculer le score du bon côté, le fait que le Conseil d’Etat prévoyait d’exclure le souverain du débat. Il est évident que rares auraient été les acteurs politiques refusant de reconnaitre l’islam tant la vindicte des islamistes et de la gauche leur aurait pourri la vie. Empêcher le souverain de donner son avis, pourtant principal intéressé, visait à faire de la reconnaissance de l’islam une simple formalité administrative, ce que la communauté réclamait précisément. C’était futé de sa part de faire croire qu’il n’y a aucune dimension politique dans la pratique de l’islam. Ce simple détail suffit pour mesure la sincérité de la démarche. Neuchâtel ne s’y est pas trompé. Pour conclure avec le mot d’Arcinfo, s’il y a eu défiance hier, c’est envers les autorités.

Source : https://lesobservateurs.ch/2021/09/27/reconnaissance-des-communautes-religieuses-neuchatel-1-qatar-0/