Le 15 septembre 2012, 2000 chrétiens évangéliques et catholiques se sont réunis à Zürich pour exiger lors de la troisième « Marche pour la Vie » un droit inconditionnel à la Vie, appellant à réfléchir et à proposer des solutions alternatives à l’avortement. La « Marche pour la Vie » 2012 était spécialement consacrée aux 100’000 enfants non nés qui sont devenus victimes de la « solution du délai » introduite en Suisse il y a 10 ans.
La « Marche pour la Vie » existe depuis 2010. Avec l’association « Choisir la vie », figurait pour la première fois un groupe romand parmi les 13 organisations partenaires de la Marche. Dominik Lusser de Futur CH, organisation partenaire de la Marche depuis ses débuts, a saisi l’occasion pour interviewer Olivier Dehaudt, président de « Choisir la vie ».

Futur CH : Quelle est votre impression personnelle de la marche de samedi dernier ? Qu’est-ce qui vous a touché particulièrement?

Dehaudt : C’est un événement fort. Un événement qui chaque année prend plus d’ampleur. Chaque année davantage d’organisations partenaires et davantage de participants. C’est très encourageant pour chacune et chacun de rencontrer d’autres personnes qui œuvrent pour le même combat à travers la Suisse.

Futur CH : Est-ce qu’il y a eu des réactions de participants romands que vous aimeriez nous communiquer ?

Dehaudt : J’aimerais vous communiquer avant tout leur enthousiasme. Ils veulent revenir plus nombreux l’année prochaine.

Futur CH : Vous m’avez parlé de « l’aspect national » de la marche qu’on devrait davantage souligner. Qu’est-ce que vous comptez faire en Suisse romande pour être plus nombreux l’année prochaine ?

Dehaudt : En effet, je crois qu’il nous faut travailler à pérenniser cette Marche et à en faire un véritable événement suisse où tous les cantons se retrouvent. Nous avons déjà fixé un rendez-vous le 6 octobre prochain à Fribourg pour celles et ceux qui désirent participer à la création d’un comité romand pour l’organisation de la Marche pour la Vie (voir lien ci-dessous). Avant la Marche, j’ai donnée une interview au Tessin, au journal del Popolo, preuve que les tessinois s’intéressent également à la Marche pour la Vie.

Futur CH : Pourquoi à votre avis les réactions de certains gens au sujet de l’avortement sont tellement irrationnelles et parfois très agressives (comme par exemple celles des contre-manifestants à Zurich) ?

Dehaudt : L’avortement est un acte d’une extrême violence imposé au bébé. La médicalisation et l’aseptisation de l’IVG ont changé la forme, mais n’ont pas changé le fond: il s’agit toujours de la mise à mort d’un être humain dans son état de plus grande fragilité. Pour justifier un tel acte, il faut se déshumaniser. Il faut donc se faire violence. Et c’est pourquoi cette violence rejaillit dans les propos et les attitudes. On ne peut pas avorter sans remettre en cause sa propre existence: car si j’ai le droit d’avorter un autre, pourquoi, moi, aurais-je le droit de vivre?

Futur CH : Quelle est le meilleur argument contre l’avortement que vous aimeriez communiquer à tous les Suisses et Suissesses ?

Dehaudt : Il faut travailler à ré-humaniser notre société. En commençant par les femmes et les hommes qui souffrent de l’avortement, comme cette jeune femme qui est venue témoigner à la Marche pour la Vie. Ils sont nombreux celles et ceux qui souffrent de ne pas pouvoir faire le deuil de l’enfant perdu, car ce deuil n’est pas reconnu par notre société. Notre société dit: « l’enfant avorté n’a jamais existé ». Nous sommes en plein déni et c’est complètement faux: l’enfant avorté a existé. Même si ce n’est que quelques semaines, il aura au moins marqué de son empreinte sa propre mère. Et celle-ci peut souvent souffrir très longtemps dans la solitude car personne n’est prêt à l’écouter.

Futur CH : Est-ce que votre association propose d’autres activités en Suisse romande ?

Dehaudt : Nous soutenons tout particulièrement les jeunes parents qui désirent envers et contre tout garder leur enfant. Nous voulons les soutenir au cours de la grossesse, mais aussi après, pour leur permettre de reprendre une formation ou des études qu’ils auraient dû abandonner momentanément à cause de l’arrivée du bébé. Nous préparons également un atelier d’accompagnement pour les personnes qui ont vécu un avortement. Cet atelier verra le jour début 2013.

http://choisirlavie.ch/images/marche-pour-la-vie/Invitation-6-octobre.pdf